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Publié le octobre 23rd, 2015 | par Aken

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L’actualité d’octobre : un virage technologique ?

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Entre 2005-2006 et 2012-2013, c’était le développement des DJs digitaux et la naissance du controllerism. Ce qui était nouveau, c’était de contrôler la musique parfois exclusivement avec des contrôleurs MIDI, tout en reléguant le calcul de l’information et la partie audio à l’ordinateur. Les avantages étaient tellement nombreux que le marché de la pratique musicale en a été totalement transformé. À la fin de cette période, tout music shop digne de ce nom avait un département dédié aux contrôleurs MIDI et les consommateurs que nous sommes tous pouvaient jouir d’un très large choix de claviers MIDI ou autres boitiers à pads, knobs et boutons. Les temps sont en train de changer ! En cette fin d’année 2015, maintenant que l’offre est saturée de produits identiques ou similaires, les plus malins tentent d’avoir un coup d’avance. Quelles sont ces nouvelles technologies qu’on nous propose ? Quelles sont celles qui ont un avenir ? C’est ce qu’on va tenter de déterminer dans cette revue des annonces faites ces derniers jours.

2014-2015, un tournant dans l’histoire récente du controllerism

Souvenez-vous, en 2014, lorsqu’on a vu arriver les premiers écrans LCD couleur sur les contrôleurs DJ. Ce n’était pas le début des écrans LCD ni des écrans LCD couleur dans l’histoire des contrôleurs MIDI, en fait il s’agissait même d’un développement logique. Ce qui avait été étonnant à ce moment, c’est la précipitation. Il y avait une sorte de tension depuis la fin de 2013 : qui sera le premier à sortir un contrôleur MIDI orienté DJ possédant des écrans intégrés ? Durant cette même période, il y a eu l’explosion des microcontrôleurs, ces petites cartes avec circuit intégré qui vous permettent de créer votre propre contrôleur MIDI (Arduino, Teensy, etc.) ainsi qu’un bond dans le développement des applications audio pour smartphones et tablettes qui manient désormais le MIDI et l’OSC comme s’il s’agissait de protocoles triviaux. Du côté purement logiciel, l’open scripting favorisé par Ableton puis, naturellement, Bitwig, a littéralement révolutionné le controllerism et en particulier son accès auprès d’un plus large public. Il existe aujourd’hui tellement de scripts/patchs gratuits et utiles qu’il est devenu difficile de ne pas trouver la manière parfaite de créer et modifier du son en temps réel avec les séquenceurs sus-cités.

Maintenant que nous sommes entourés de pads touch sensitive, de claviers par millions, d’écrans LCD et d’applis en tout genre, que reste-t-il a inventer ?

Apple 3D Touch

Premièrement, il faut aborder le cas du Apple 3D Touch, cette nouvelle interface tactile qui équipe désormais les Iphone 6S et 6S+. Le 3D Touch est une nouvelle technologie de surface tactile qui prend en compte la pression exercée sur celle-ci. Pour la navigation quotidienne sur votre smartphone, cela peut être assez intéressant, notamment pour remplacer les double tap et autres “j’appuie pendant longtemps comme ça l’icône pour copier mon texte va apparaître”. Pour les jeux et la musique, c’est une technologie très intéressante, puisqu’elle ajoute un facteur potentiel de virtuosité.

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Des applications musicales vont très certainement intégrer le 3D Touch pour permettre aux plus nomades d’entre nous de créer de subtiles variations de timbre ou d’intensité pendant le jeu. Bien sûr une surface tactile ne remplacera jamais des pads qui, eux, offrent un meilleur guide visuel ainsi que d’importants repères haptiques (le pad se “déforme” sous la pression du doigt). Toujours est-il que cette nouvelle technologie risque fort de transformer de manière générale notre rapport avec la surface tactile et, dans la foulée, rendre obsolète un grand nombre d’applications prévues pour les surfaces standards actuelles.

Serato DJ vs Rekordbox DJ

On vous l’avait annoncé il y a quelques semaines et je dois avouer que mes prédictions ont été plutôt mauvaises quand j’ai expliqué dans les commentaires les raisons pour lesquelles je pensais que Rekordbox DJ, le tout nouveau logiciel DJ de Pioneer, ne serait pas disponible avant 2016. Rekordbox est donc officiellement sorti il y a quelques jours et vous pouvez essayer la version complète pendant 30 jours en le téléchargeant à cette adresse.

Alors évidemment, cela a un peu précipité les choses du côté de Serato, qui a, immédiatement après, annoncé la version 1.8 de Serato DJ. Et quelle update ! Outre la détection automatique de la tonalité et la possibilité de synchroniser vos tracks avec la nouvelle version de Pitch’n’Time, il est désormais possible de faire du mapping MIDI ! C’est énorme, sachant que c’était un point majeur d’infériorité face à Traktor.

Bien que Rekordbox DJ semble pour le moment un peu en dessous de la concurrence, il sera bientôt judicieux d’effectuer un comparatif des logiciels DJ pour faire le point sur les fonctionnalités offertes par chacun d’entre eux. En attendant je vous recommande fortement de tester le logiciel de Pioneer pour vous faire une idée par vous même de ce dernier né assez prometteur.

Native Kontrol Standard

On peut dire que chez Native Instruments, ils sont à fond dans un délire très louche avec leurs formats propriétaires. Après le semi-open Stems, je vous présente le format NKS (Native Kontrol Standard).

Le format NKS est donc un nouveau format de fichier créé par Native Instruments et qui a pour vocation d’encapsuler des plugins VST afin de les rendre parfaitement compatible avec la gamme de claviers Kontrol-S. NI, qui se prend clairement pour le Apple de la MAO ((Musique Assistée par Ordinateur)), développe une stratégie qui est plutôt opposée, par exemple, à celle d’Ableton. Dans Live, par exemple, tout est fait pour que l’utilisateur puisse avoir accès à un maximum de paramétrages via le scripting ((C’est à dire, écrire quelques lignes de code dans un fichier pour dire “Quand j’effectue telle action ou quand j’appuie à tel endroit, je veux que le logiciel se comporte de cette manière.)). NI préfère offrir un produit “fini”, designé pour garantir le meilleur workflow possible pour l’utilisateur standard.

Ce n’est pas une mauvaise stratégie, NI s’adresse à un groupe de personnes auquel Ableton ne s’adresse pas. Souvenez-vous du Push. Quand le contrôleur est sorti, une tonne de fonctionnalités avancées manquaient à l’appel, c’était alors aux utilisateurs de parfaire l’interface en proposant leurs solutions logicielles. Or, tout le monde n’a pas forcément envie de passer des heures sur le net à trouver le meilleur script, par exemple. Avec NI, les options sont plus limitées mais souvent très pertinentes dans un processus de création standard. Le format NKS n’est donc qu’accessible aux professionnels, qui devront proposer ce format de fichier supplémentaire s’ils veulent que les possesseurs de la série Kontrol-S aient la meilleur expérience possible avec leur instrument ou effet virtuel.

On notera que, dans la foulée, NI a annoncé la venue d’un nouveau modèle de clavier à 88 touches, le Kontrol S88. Si vous avez une chambre de 100 m2, n’hésitez pas une seule seconde, ce clavier comportant pas moins de sept octaves est fait pour vous.

AKAÏ MPC Touch

Le boom des écrans tactiles abordé en début d’article n’a pas épargné AKAÏ. La firme Japonaise rejoint Numark et Native Instruments en proposant son propre contrôleur MIDI doté de 16 pads de très haute qualité (le standard AKAÏ) et d’un écran LCD couleur.

Que va afficher cet écran ? Très bonne question. L’écran du MPC Touch est conçu pour fonctionner avec le MPC Software, le séquenceur propriétaire d’AKAÏ. Mauvaise pioche donc, car, honnêtement, vous connaissez quelqu’un qui utilise ce truc alors qu’il existe des séquenceurs bien plus performants, riches, pratiques et ouverts aujourd’hui ? Moi non.

Bitwig un point deu…trois !

Pour terminer, parlons un peu de Bitwig, ce semi-clone de Live qui fait sensation depuis sa sortie. Quelques jours seulement après la fin de la bêta de la version 1.2, qui ajoute entre autres l’indispensable mais néanmoins excellente fonction permettant de regrouper les pistes, une bibliothèque incroyablement pratique et du mapping local (spécifique à vos projets), Bitwig a annoncé le début de la bêta pour sa version 1.3.

La fonctionnalité star de cette version, dont on ne sait pas encore pour quand elle est prévue officiellement, est la prise en compte du multi-touch, qui permettrait de profiter au maximum des fonctionnalités du logiciel avec n’importe quel écran tactile et vos 10 doigts. Dans la foulée, ils ont annoncé un partenariat avec Microsoft pour (ils ne le disent pas mais on a tous deviné) rendre leur logiciel parfaitement compatible avec la gamme Surface. Un excellent move de la part de Bitwig qui pourrait devenir, dans un futur proche, un logiciel de choix pour la performance live autant que pour la composition en studio.

Conclusion : écrans et contrôleurs MIDI

Vous l’avez surement compris, 2016 sera très probablement l’année des écrans, tactiles ou non, puisque la plupart des technologies développées ces derniers mois leurs sont consacrées. Cela n’est qu’une conséquence directe du développement fulgurant des smartphones de ces dernières années qui résonne enfin dans le domaine de la création musicale. Le nomadisme est également un mot-clé désormais ancré dans l’esprit des constructeurs de tout poil. Ces derniers rivalisent avec vivacité pour trouver l’objet qui vous accompagnera dans vos déplacements.

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? L’amélioration de l’interaction homme-écran est, sans aucun doute possible, bienvenue dans un monde où ce dispositif est très souvent utile et parfois indispensable. Dans le domaine de la performance musicale, il est encore difficile de dire si cela va engendrer une meilleure expérience sociale. Dans certains cas, l’écran réduit permettra au DJ de s’émanciper du Serato face, dans d’autres, l’écran comme contrôleur rendra le musicien davantage dépendant visuellement de son instrument. Les technologies telles que le 3D Touch ou le multi-touch pourraient avoir un effet à double tranchant. En autorisant le musicien à modifier un grand nombre de paramètres en simultané, les nouvelles surfaces tactiles vont clairement redessiner la pratique live. Cependant, qui voudra assister à une performance où les gestes du DJ en sont réduits à des micro-mouvements de poignets et de doigts (pour reprendre l’expression de Kim Cascone) ? Je vous laisse sur ces quelques pistes de réflexion et vous invite à réagir dans les commentaires pour faire part de votre avis sur le sujet.

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3 réponses pour L’actualité d’octobre : un virage technologique ?

  1. Romain Astc dit :

    Sympa le bilan, et cool d’avoir autre chose à se mettre sous la dent que DJ TechTools en terme de Digital Djing 😉

  2. Max Drey dit :

    Je profite de cet article sympa pour dire que j’apprécie les commentaires intégrés (pas de plugins Facebook).

    Sinon il me semble qu’on avance beaucoup sur la detection de mouvement et que cela va bientôt avoir de sérieuses répercutions sur la musique, le performer va intéragir sur son mix… en dansant. SF ? … on verra 😉

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