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Guide comparatiflogiciels

Publié le juillet 7th, 2015 | par Aken

Comparatif des séquenceurs : Ableton Live vs Bitwig vs Machine

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De nos jours, où se produire en live se répand dans l’esprit des musiciens comme dans celui des producteurs, choisir un logiciel de séquençage musical compte pour beaucoup dans notre façon d’approcher la création. Des séquenceurs audio il en existe des dizaines, mais nous allons nous concentrer sur les trois stars du moment : Ableton Live, Bitwig et Maschine. Quel logiciel est fait pour vous ? Vous allez le savoir en lisant ce comparatif exclusif Djtuto.fr.

Petite introduction : la création live

Il arrive à certains de penser, en tant qu’utilisateurs, que tous les logiciels se valent ou, parfois, qu’il y a une inévitable hiérarchie entre eux, établie sur la base des fonctionnalités les plus utiles. Au contraire, aucun n’est vraiment pareil et la plupart se distinguent sur les voies de création qu’ils privilégient, autrement ils sont voués à disparaître. Dans le cas du trio de tête Live/Bitwig/Machine, on observe clairement des visées spécifiques qui privilégient certaines facettes de la création live. Dans ce dossier, vous allez comprendre quel logiciel est bon pour quoi.

Tableau comparatif

Avant de commencer le comparatif détaillé, je vous propose de découvrir notre notation générale. Les étoiles déterminent le niveau de facilité avec lequel il est possible d’effectuer des actions en rapport avec la catégorie concernée (/ : impossible, * : possible mais mauvais workflow, ** : workflow acceptable, *** : meilleur workflow). La liste des catégories située à gauche du tableau n’est pas exhaustive, mais elle représente bien les points importants que doivent prendre en compte les artistes voulant jouer de la musique live.

comparatif-logiciels-live

Mapping

On est d’accord, Live est le maître incontesté dans le domaine du mapping MIDI. Il propose à la fois le scripting et le mapping depuis l’interface tandis que les possibilités de mapping sont beaucoup plus réduites dans Bitwig et à peu près honteuses dans Maschine. Avec Live on peut à peu près tout mapper très facilement. Dans Bitwig c’est un peu plus limité, puisque de nombreux contrôles ne sont pas mappables. Dans Maschine, l’opération est plus compliquée, notamment car certains paramètres essentiels ne sont pas mappables (très certainement parceque Native Instruments souhaite inciter les utilisateurs à investir dans un contrôleur vendu par Native Instruments).

Scripting

Vous voulez faire interagir vos controleurs MIDI avec votre logiciel ? Oubliez ça dans Maschine, l’option de scripting n’existe pas. Dans Bitwig c’est équivalent à Live, c’est à dire que si vous avez quelques connaissances en programmation et un peu de volonté, vous pouvez transformer n’importe quel contrôleur en extension de vos mains.

Solo recording

C’est bête, mais parfois on veut pouvoir enregistrer sur une seule piste à la fois ou sur les pistes que l’on a sélectionné. Dans Maschine, encore une fois, ceci est impossible, puisque l’enregistrement s’applique à l’ensemble du projet. Dans Live et Bitwig, il est possible de sélectionner où aura lieu l’enregistrement.

Overdub

L’overdub est encore un point faible de Machine, avec lequel il est très compliqué d’enregistrer des parties isolées les unes par dessus les autres. Dans Bitwig et Live, il est très simple de sélectionner les parties que l’on veut réécrire à tout moment.

Groupes

Également dans ce domaine, Maschine arrive en dernier, puisque vous serez limités à trois niveaux de groupes, contrairement à live ou Bitwig 1.2, où vous n’êtes pas limités dans votre hiérarchie de groupes. Il est quand même à noter que bien que les groupes de Maschine soient limités, ils sont créés naturellement, c’est à dire que vous n’avez pas besoin de prévoir les groupes, puisqu’ils sont “créés” naturellement par la hiérarchie particulière à Maschine, ce qui procure un avantage sur le plan du workflow général.

Workflow

Une catégorie générale pour le workflow était nécessaire afin de qualifier l’aisance avec laquelle il est possible de mettre ses idées en musique. Maschine ressort, d’après nous, vainqueur d’assez loin devant Live et Bitwig. Même sans aucun contrôleur, Maschine arrive à suffisamment tout concentrer pour que tous les éléments nécessaires à la production musicale soient accessibles et utilisables rapidement, en live. Si vous utilisez le contrôleur MKII ou Studio, alors vous avez un accès privilégié à la création musicale. Fini les fastidieux création et paramétrage de piste, tout est accessible en quelques tapotements : insérer des plugins/effets, accès direct aux principaux paramètres, modelage des samples, patterns, scènes, etc. Avec Maschine, tout va très vite. Avec Live et Bitwig, le workflow est certainement avancé quand on utilise des contrôleurs (Push, Livid Base, etc.) mais demeure assez morcelé sans. La complexité de ces logiciels, thème sur lequel nous allons revenir, y est pour quelque chose. Nous classons Bitwig au dessus de Live pour sa capacité à faire communiquer les deux mondes de Live (session et arrangement) avec une très grande efficacité.

Sample editing

Maschine devance légèrement sur ce point Live et Bitwig, puisqu’il est très facile de configurer et organiser/classer ses échantillons sonores depuis les pads. Le sampler de Maschine demeure moins avancé que ceux de ses concurrents.

Pad mode

Le pad mode est la possibilité, dans Maschine, de jouer mélodiquement n’importe quel échantillon sonore de manière naturelle (sans passer par un VST particulier), ce qui est impossible dans Live ou Bitwig… sans passer par un VST particulier (Kontakt, etc.).

MIDI Editing

Avec son management très clair et très détaillé des clips et de leur paramètres, il est particulièrement aisé de faire à peu prés ce qu’on veut avec le contenu MIDI d’un projet Bitwig. Live est un peu en retrait, car à la fois moins ergonomique et moins puissant dans ses fonctionnalités. Maschine est une plaie sur ce terrain là : très peu d’options et peu pratique.

Séquenceur

De toute évidence, le séquenceur de Maschine n’est pas vraiment le séquenceur que vous rêvez d’utiliser. Composer en MIDI ou en audio est très peu pratique et se limite aux fonctionnalités de base. Sur ce point, Bitwig et Live sont très similaires et assez performants, même si on n’atteint pas encore le workflow d’un Cubase.

Audio & MIDI routing

Même chose pour le routing. Dans Maschine vous êtes limités à deux sends par piste, par exemple. Mais le pire reste la gestion des in/out qui peut vraiment s’avérer fastidieuse. Dans Live et Bitwig, elle est très similaire et aussi beaucoup plus standard (et objectivement mieux).

Sample management

Je me suis permis un petit écart en mettant Live et Bitwig au même niveau ici, puisque Bitwig dispose d’un système de tags qui n’existe pas dans Live. Cependant je pense que les tags ne sont pas les éléments déterminants dans la gestion des échantillons sonores. Si votre bibliothèque de sons est bien organisée (ce qui est essentiel si vous souhaitez pouvoir travailler correctement avec n’importe quel logiciel audio), vous n’avez théoriquement pas besoin de tags. Maschine est un peu au dessus car, dans son univers un peu fermé, il intègre fort bien la bibliothèque au projet (taxonomie, couleurs, imports automatiques, etc.)

Sample libraries

Les bibliothèques de samples sont un moyen d’avoir du fuel rapidement pour vos compos. Quand vous pensez à un type de son et que vous n’avez pas forcément le temps de le créer depuis rien, il est très utile d’avoir une bonne collection à sa portée. Tandis que quelques packs sont proposés du côté d’Ableton et Bitwig, Native Instruments en a littérallement fait un fond de commerce, puisque la compagnie sort un nouveau pack de très bonne qualité tous les 3/4 mois. C’est pourquoi on compte aujourd’hui 28 extensions pour Maschine qui fournissent des samples dans tous les styles.

Automations

Avez-vous déjà essayé de gérer des automations dans Maschine ? probablement le pire exercice au monde. Premièrement la gestion des valeurs est assez fantasque, deuxièmement il ne s’agit pas en fait d’automations, mais de modulations, c’est à dire d’automations limitées aux durées des patterns.

Pattern & Scene management

Cette catégorie est en grande partie liée à la structure du séquenceur, or dans Maschine celui-ci est très peu convaincant. La gestion des patterns et des scènes est cependant satisfaisante en live lorsque l’on a passé du temps à bien organiser son matériel musical. Dans le cas de Bitwig et Live, où les patterns sont remplacés par des clips, la gestion est beaucoup plus souple et intuitive. Le principal avantage des clips est de laisser l’occasion au performeur de choisir librement les combinaisons de patterns en live : chaque clip représente un instrument, ce qui n’est pas le cas dans Maschine où il faudrait, pour obtenir cette versatilité (empiler à sa guise des patterns qui seraient exclusifs à chacun des instruments), limiter à un instrument chaque groupe. Cette technique fait cependant perdre un niveau de regroupement.

Groove

Avec ses 3 niveaux de groove et la grande facilité d’utilisation, Maschine arrive en tête dans cette catégorie.

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, il n’y a pas vraiment de “meilleur logiciel” entre Maschine, Live et Bitwig. Ils ont chacun leurs forces et leurs faiblesses, bien qu’il existe de très nombreuses similarités entre Live et Bitwig. Là où Maschine excèle, c’est dans le workflow, c’est à dire la capacité de mettre en musique ses idées très rapidement, de trouver des formules efficaces et de les mettre en forme tout aussi efficacement. Maschine possèdent cependant des défauts. C’est un environnement assez limité très peu propice à l’expérimentation et à l’édition audio et MIDI de précision. C’est pourquoi il est souvent associé à la création de loop rythmiques et au finger drumming. Live et Bitwig sont deux logiciels beaucoup plus techniques et deep dans les possibilités qu’ils offrent à l’utilisateur. Leur principale qualité se trouve dans leur versatilité. Ils sont parfait pour expérimenter, connecter, éditer, traiter et jouer d’une manière plus personnalisée. Il sont sans aucun doute mieux adaptés à des pratiques compositionelles ou performancielles variées. Dans de futurs articles, je détaillerai chaque catégorie du comparatif avec des exemples précis afin de constituer un guide ultime pour ceux qui cherchent un logiciel sur lequel s’attarder.


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