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Publié le février 11th, 2015 | par Aken

3 Modifications à absolument effectuer pour maximiser les performances de votre live

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Les problèmes de performance CPU ((Pour les débutants : CPU = central processing unit, c’est à dire, concrètement, le microprocesseur de votre ordi/laptop.)) sont courants dans la création musicale, et plus encore dans des situations de live où il est impossible de faire des bounces pour économiser des ressources. Comme vous êtes nombreux à vous demander ce qu’il faut faire pour remplir votre projet sans que des ralentissements surviennent, Djtuto vient à votre rescousse !

En live, il faut que tous les synthés et samples de votre projet soit chargés, prêts à être utilisés sans délai et à tout moment. Comment procéder pour s’assurer que rien n’entravera vos folies musicales ? Voici les 3 choses qu’il vous faut absolument connaître.

1. La base : libérerez les ressources de votre ordinateur

Peut importe que vous ayez une machine de guerre, si votre ordinateur ou votre laptop est saturé, cela va considérablement vous limiter. Avant d’ouvrir votre séquenceur favori, assurez-vous qu’il reste assez d’espace de libre sur chacun de vos disques durs (minimum 15%). Votre système d’exploitation doit pouvoir y inscrire des données (swap) sans avoir à se demander où il va les mettre. Dans la foulée, veillez à ce que vos disques soient tous correctement défragmentés. C’est quelque chose qu’on oublie parfois quand on désactive la défragmentation automatique (dans le but, là encore, de réduire les accès disque et donc augmenter les performances).

Ayez le moins d’applications possible ouvertes ! Fermez tout, du navigateur aux programmes qui dorment silencieusement au fond de la classe (Winamp agent, Dropbox, Bitcomet, antivirus, etc.). Sur Windows, n’hésitez pas à faire ctrl+alt+suppr et à terminer le max de processus : votre RAM doit être la plus vide possible. Non seulement ces programmes la consomme, mais en plus ils utilisent les ressources CPU lorsqu’ils communiquent en secret avec votre système d’exploitation ou internet. C’est la raison pour laquelle vous allez systématiquement couper internet (le wifi ou le câble éthernet, inutile de débrancher votre routeur), éventuellement le bluetooth. Enfin, si vous voulez affiner votre allègement général, je vous conseille d’opter pour un thème basique (sans transparence ni animations) comme habillage de votre système d’exploitation.

2. Comprendre l’essentiel : Le buffer audio

 Vous savez déjà très certainement ce qu’est le buffer audio et la plupart d’entre vous a certainement une idée du genre de réglages qu’il faut. Pour ces personnes, comme pour les débutants qui débarquent, j’aimerais donner une explication très simple qui va vous donner une idée très précise de ce qu’il faut faire et ne pas faire avec le buffer audio. Le buffer est, comme son nom l’indique, un tampon qui permet d’éviter les erreurs de transmission/calcul du signal audio. C’est un peu comme si vous mettiez une éponge au dessus d’un verre et que vous y versiez votre eau. L’eau va d’abord dans l’éponge et, une fois que celle-ci est remplie, commence à couler dans le verre. Il y a donc un délai entre le moment où vous faites couler l’eau et le moment où le liquide commence effectivement à couler dans le verre. Plus l’éponge est grosse, plus le délai est long, mais plus le traitement est “efficace”. Plus l’éponge est petite, plus le délai est court mais moins vous avez de contrôle sur le flux du liquide. La taille du buffer audio se mesure en samples et le délai se mesure en millisecondes (ms). Ici, les samples sont tout simplement des fractions de votre flux audio et qui dépendent de la fréquence d’échantillonnage utilisée par le processing de votre carte son (en général gérée par les drivers ASIO). Si vous faites travailler votre carte son à 44.1 Khz (la fréquence standard, qualité CD blah blah :) ), 10 ms sont égales à 441 samples. À cette fréquence, 512 samples sont égaux à environ 12 ms de latence (délai) tandis que 128 samples sont équivalents à environ 3 ms de latence.

Le dilemme est le suivant : si vous voulez jouer en live, il vous faut un petit buffer, car vous voulez peu de latence dans votre circuit audio, car vous ne voulez pas appuyer sur un pad et que le son arrive dans vos enceintes le lendemain. Le problème est que si vous avez un projet chargé, il se peut qu’un petit buffer ne supporte pas l’afflux de données. Conséquence : craquements. Alors, quelle taille de buffer choisir ?

Règle #1 : Ne choisissez jamais un délai de processing qui soit en dessous de 10 ms. Ce délai inclus généralement la taille du buffer ainsi que d’autre données, comme la latence de votre port USB, de votre séquenceur, etc. Normalement, cette limite équivaut à un buffer ASIO d’environ 128 samples à 44.1 Khz.

Dans les captures d’écran ci-dessous, on voit bien que les séquenceurs les plus connus (et utilisés) en live prennent en compte l’ensemble des délais dans leur calcul de la latence totale. Si tous les paramètres de la latence ne sont pas toujours accessibles (comme la latence USB que vous allez de toute façon laisser au minimum), la latence du buffer audio est toujours modifiable.

latency-maschine2

Panneau de configuration audio dans Maschine 2.2

latency Live 9

Panneau de configuration audio dans Live 9

Pourquoi cette limite de 10 ms ? Car quand vous jouez des notes avec vos petites mains, vous ne sentirez pas la différence entre un délai de 5 ms ou de 10 ms. Dans les faits, ça se vérifie facilement. Admettons que (on va prendre un exemple facile) votre projet est à 120 Bpm, il y a très peu de chances que vous jouiez des notes à une vitesse excédent les 16e, c’est à dire 16 notes par mesure en 4/4, c’est à dire 4 notes par temps, c’est à dire des double-croches. A 120 Bpm, un temps (une noire) est égal à 0.5 secondes (s), donc 4 notes par temps = 0.125 s entre chaque note. Avec un délai de 10 ms, le son que vous allez jouer sera décalé d’un dixième de cette durée : c’est rien.

latence

Règle #2 : Ne choisissez jamais un délai de processing qui soit au dessus de 40/50 ms. En effet, imaginez maintenant que votre latence représente 5 fois ou plus celle de 10 ms : vous allez entendre le son joué presque en plein milieu de la durée (0.125 s) qui sépare les notes que vous allez jouer ! Cela rend la chose très compliquée, pour ne pas dire impossible, en particulier si vous jouez à des tempo plus rapide (house music = ~ 130 Bpm, DnB = ~ 160 Bpm). Même si vous activez la quantisation de la grille, vous allez inévitablement générer des erreurs de placement de notes.

Mon conseil

Commencez avec une latence totale de 10 à 15 ms et augmentez si vous entendez des craquements ou ressentez des ralentissements. Si vous vous retrouvez vers les 40 ms, vous devez revoir le point 1 de cet article ainsi que le point qui va suivre (#3).

3. Les petits détails qui changent tout

Vous avez fait le ménage sur votre ordinateur et votre buffer est déjà a 30 ms et vous sentez votre projet un peu fébrile. Ça arrive, vous n’avez pas encore fini le travail. Ce que vous ne saviez sans doute pas encore, c’est que certain des synthétiseurs logiciels que vous utilisez possèdent des options de tweaking qui vont vous permettre d’améliorer drastiquement leurs performance en échange d’une baisse de qualité. Lorsque vous faites de la composition de type studio, vous n’avez certainement pas envie de faire de compromis sur la qualité, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous allez souvent utiliser un ordinateur plus puissant (ordinateur de bureau), travailler avec des fréquences de processing plus élevées (48, 88 ou 96 Khz) et vous autoriser une taille de buffer plus grande. Dans un projet live, la qualité sonore est un peu moins importante, ou, plus précisément, située à une différente place sur l’échelle des priorités. Cela est d’autant plus acceptable que les conditions d’écoutes sont différentes : dans un bar, un club ou chez des amis, le son sera beaucoup moins clair que dans un studio ou les enceintes de votre salon.

Profitez-en et ouvrez vos plug-ins pour échanger de la qualité contre de la performance ! Dans Massive, il est possible de faire cela en allant dans le panneau du milieu et en cliquant sur l’onglet “GLOBAL”. À droite vous trouverez les options de qualité. Je vous conseille de modifier les options relatives à tous les presets (global quality) plutôt que celles relatives au preset en cours (preset quality) pour éviter de devoir refaire la manipulation à chaque fois que vous changez de preset. La valeur est mise par défaut sur “Ultra”. En choisissant “High”, vous allez gagner énormément de ressources CPU pour peu de pertes de qualité. Choisissez “Eco” si vous avez de nombreuses instances de Massive chargées dans votre projet, car la qualité est encore inférieure et le gain en performance plus léger (mais bien réel).

massiverender

Si vous souhaitez aller encore un peu plus loin, vous pouvez réduire le nombre de voix dans l’onglet VOICING. Il est par défaut sur 16, mais 8 devraient amplement suffire à moins que vous souhaitiez créer une pièce d’électro-acoustique post-contemporaine néo-avant-gardiste, puisqu’il s’agit du nombre maximum de notes sur lesquelles vous allez pouvoir appuyer en même temps.

massivevoices

D’autres plug-ins permettent ce type de tweaking, mais je ne les connais pas tous par cœur, je vais donc vous laisser les trouver. Mais avant de partir, voici un dernier exemple : dans Z3ta+, un excellent synthé logiciel, vous pouvez régler le rendu dans la section master en bas à droite de l’écran principal. Encore une fois, vous avez le droit à trois niveaux de qualité concernant le paramètre RENDER, soit HIGH, NORMAL et DRAFT (brouillon).

z3tarender

En espérant que ce tutoriel vous aura aidé, n’hésitez pas à liker et partager pour faire bénéficier à vos amis de ces connaissances. N’oubliez pas que vous pouvez utiliser les commentaires pour ajouter des informations ou… faire des commentaires !


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